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Quelles sont les causes de la piraterie au long des cotes somaliennes et est-ce que ce phénomène se trouve dans d'autres régions du monde?
- Le phénomène de la piraterie avait disparu du monde depuis des siècles, mais il a réapparu de manière remarquable ces dernières années dans trois régions du monde: au détroit de Malacca au sud-est de l'Asie, au long des cotes du Nigeria et au long des cotes somaliennes à cause de l'instabilité de la sécurité dans ces régions. Les actes de piraterie ont dernièrement augmenté de manière remarquable particulièrement au long des cotes somaliennes vu la détérioration de la situation politique, sécuritaire et humanitaire en Somalie, ainsi que l'absence d'une autorité centrale. D'autre part, la détérioration de la situation économique et l'absence d'activités économiques légitimes ont mené à la naissance d'un système économique bâti sur le crime, et par conséquent la croissance de ce phénomène vu le grand profit qu'en tirent les pirates.
- L'Egypte est convaincue que le problème de la piraterie ne sera réglé que si la communauté internationale accorde l'intérêt nécessaire à la question de la Somalie qui remonte à plus de deux décennies, raison pour laquelle l'Egypte soutient le processus de Djibouti pour établir la paix en Somalie. L'Egypte a également soutenu les efforts déployés pour établir un nouveau gouvernement et élire un président somalien, considérant qu'un nouveau gouvernement en Somalie est une démarche positive sur la voie de la réalisation de la sécurité, de la stabilité et par suite du contrôle du phénomène de la piraterie.
L'effet du phénomène de la piraterie sur les intérêts égyptiens et la sécurité nationale égyptienne
· Le phénomène de la piraterie au long des cotes somaliennes affecte directement l'Egypte vu qu'il se trouve dans la région du golfe d'Aden et à l'Océan Indien qui sont des régions contiguës susceptibles d'endommager la sécurité nationale égyptienne et représentent un grand danger contre la sécurité des passages maritimes dans la région, y compris le canal de Suez, ce qui menace la navigabilité à travers le canal, et par conséquent pourrait influencer son revenu qui constitue l'un des axes principaux du revenu de l'Egypte en devises étrangères, notamment à la lumière de l'augmentation de la valeur de l'assurance sur les navires passant par la région.
· Par ailleurs, le phénomène de la piraterie menace la sécurité des navires commerciaux égyptiens passant par la région du golfe d'Aden et l'ouest de l'océan Indien, ainsi que les marins égyptiens. En effet, plusieurs navires égyptiens ont été exposés à des attaques de piraterie et d'enlèvement ou des tentatives d'enlèvement, dont le navire "Blue Star" la propriété d'une compagnie égyptienne, qui a été enlevé en janvier 2009, avec son équipage composé de 28 marins égyptiens, qui ont été libérés depuis quelques jours à la suite d'une rançon payée par son propriétaire.
Les efforts du ministère des Affaires étrangères pour faire face au phénomène de la piraterie.
· Au niveau des mécanismes multilatéraux, l'Egypte déploie de grands efforts internationaux pour lutter contre ce phénomène et coopère avec les pays et les organisations internationales concernées par la coordination des efforts et l'échange des informations. Partant de ce principe, l'Egypte a adhéré au groupe de contact international sur la piraterie au large de la Somalie, et a tenu à abriter la 2eme réunion du groupe qui a été tenue au Caire le 17 courant. Le ministère des Affaires étrangères coordonne en permanence avec les forces internationales se trouvant à la région du golfe d'Aden afin d'assurer la sécurité nécessaire aux navires égyptiens passant par la région.
· Au niveau régional, l'Egypte a abrité la réunion arabe de concertation, qui a été tenue au Caire le 20 novembre 2008, avec une coprésidence égypto-yéménite, et avec la participation des pays arabes situés sur la mer rouge et la Ligue arabe, afin de renforcer les mécanismes de concertation et de coordination entre ces pays pour faire face au phénomène de la piraterie et empêcher sa propagation jusqu'à la Mer rouge. L'Egypte a également participé – en coordination et en coopération avec les pays arabes et africains concernés – aux réunions régionales de l'organisation maritime internationale, qui ont aboutit à l'adoption d'un code de conduite concernant la confrontation de la piraterie navale et le vol à main armée contre les navires au golfe d'Aden et à l'ouest de l'océan pacifique. Le code de conduite stipule des mécanismes déterminés pour faire face à la piraterie et construire les potentialités des pays dans la Corne africaine pour mettre fin à ce phénomène.
· Au niveau bilatérale, le Caire examine avec nombre de pays de la région les possibilités d'établir une coopération technique à travers la formation des gardes des cotes de ces pays et construire leurs potentialités, ce qui leur permettra d'effectuer des patrouilles au long de leurs cotes, de protéger les navires et les canots de pêches et d'arrêter les pirates et les détenir.
Le groupe de contact international sur la piraterie au large de la Somalie et l'objectif de la réunion que l'Egypte a abritée à cet égard
· Le groupe de contact international est un mécanisme de concertation et de coordination regroupant 28 pays concernés par la question de la piraterie au long des cotes somaliennes, soit ceux qui se trouvent dans la région géographique limitrophe à la région des actes de piraterie ou ceux qui sont affectés de manière ou d'une autre des actes de piraterie, comme le fait de viser leurs navires commerciaux et d'affecter les intérêts des compagnies de navires et des marins y affiliés. Le groupe comprend également 6 organisations régionales et internationales.
· La première réunion du groupe de contact international a été tenue le 14 janvier 2009 à New York, où il a été décidé d'y affilier quatre groupes d'action:
- Le 1er groupe examine la coordination et l'échange des informations militaires et civiles.
-Le 2eme groupe est chargé d'étudier les choix légaux disponibles pour traiter légalement avec les pirates.
-Le 3eme groupe examine les moyens de coopérer avec le secteur de la navigabilité afin de circuler les recommandations et les meilleurs moyens d'éviter les actes de piraterie.
-Le 4eme groupe a été tenu au Caire le 16 et le 17 mars 2009 pour examiner les moyens de soutenir les efforts diplomatiques et élaborer un plan pour diffuser la connaissance de tous les aspects du phénomène de la piraterie, y compris les moyens aptes à déraciner les bases de ce dangereux phénomène. |