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Afrik.com

 Egypte : reprise du procès controversé des journalistes d’Al-Jazeera

Malgré de nombreuses critiques à l’international contre les autorités égyptiennes, le procès des journalistes de la chaîne du Qatar Al-Jazeera, accusé de soutenir les Frères musulmans, confrérie désormais interdite en Egypte, a repris ce mercredi.

 Il fait un tollé à l’international ! Mais les autorités égyptiennes ont toutefois maintenu le procès des journalistes de la chaîne satellitaire du Qatar Al-Jazeera, qui a repris ce mercredi. Les accusés, dont quatre étrangers, sont inculpés d’avoir soutenu les Frères musulmans, confrérie d’où est issu le Président destitué Mohamed Morsi, interdite désormais sur le territoire égyptien.

 Le parquet a fait état de 20 « journalistes d’Al-Jazeera jugés ». Parmi eux, 16 Egyptiens sont accusés d’appartenance à une "organisation terroriste". Et quatre journalistes étrangers - les Britanniques Sue Turton et Dominic Kane, la Néerlandaise Rena Netjes, et l’Australien Peter Greste sont accusés de leur avoir fourni « argent, équipements et informations afin de diffuser de fausses nouvelles faisant croire à une guerre civile dans le pays ». Al-Jazeera a toutefois assuré que seuls neuf des accusés travaillaient pour elle, dénonçant des accusations "infondées". Les autorités ont de leur côté affirmé que les journalistes travaillaient sans accréditation.

 « Aucune voix dissidente n’est tolérée »

 Pour l’heure, huit d’entre eux, dont l’Australien Peter Greste, sont détenus et les autres recherchés par les autorités, dont les Britanniques Sue Turton et Dominic Kane et la Néerlandaise Rena Netjes, jugés par contumace. Les huit détenus ont plaidé non coupable. Lors de la première audience, le 20 février, Peter Greste avait affirmé avoir « confiance en la justice ». Le journaliste avait été interpellé en décembre 2013 dans un hôtel du Caire, en compagnie de l’Egypto-canadien Mohamed Fadel Fahmy et l’Egyptien Baher Mohamed. Il avait notamment affirmé dans une lettre écrite depuis sa cellule en janvier, que « l’Etat ne tolèrera aucune voix dissidente, que ce soient les Frères musulmans ou tout autre critique. Les prisons débordent de tous ceux qui se sont opposés ou ont défié le gouvernement ».

 Depuis la destitution de Mohamed Morsi, les autorités en effet ont ordonné la fermeture de tous les médias jugés partisans à ce dernier, dont Al-Jazeera. Le Caire n’a en effet pas du tout apprécié la façon dont Al-Jazeera a couvert les événements, l’accusant de prendre fait et cause pour les Frères musulmans, déclarés comme une organisation "terroristes". De leur côté, l’ONU et des organisations de défense des droits de l’Homme ont dénoncé une campagne de répression contre les médias. C’est le cas de Human Rights Watch qui avait déploré « une tolérance quasi zéro », tandis qu’Amnesty International évoquait un « revers majeur pour la liberté de la presse, qui envoie le message effrayant qu’aujourd’hui, une seule version des faits est acceptable en Egypte : celle autorisée par les autorités ».

 

 Libération

L’Egypte et le conflit syrien

Le 22 février 1958, l’Egypte et la Syrie ont proclamé leur union, sous le nom de la République Arabe Unie (RAU). Cette fusion représentait l’apogée du panarabisme, sous la houlette du président Gamal Abdel-Nasser. Elle sera toutefois de courte durée. En septembre 1961, un groupe d’officiers syriens, mécontents de la domination de l’Egypte, mène un putsch et déclare l’indépendance de la Syrie de la RAU. Ils tentent toutefois de renégocier une nouvelle union politique avec Le Caire, mais Nasser refuse.

56 ans après la proclamation de l’union égypto-syrienne, le panarabisme a fait son temps et cédé la place aux intérêts nationaux, parfois étroits, des différents Etats arabes. La figure de Nasser a cependant fait un retour remarqué dans le paysage politique égyptien, notamment après le soulèvement populaire du 30 juin dernier contre le régime des Frères musulmans. La malheureuse expérience de la confrérie au pouvoir, où les alliances et les solidarités confessionnelles, parfois supranationales, ont pris le pas sur les intérêts nationaux et les solidarités panarabes, y est sans doute pour quelque chose. Plus généralement, l’instabilité politique et la détérioration sécuritaire et économique, depuis le 25 janvier 2011, ont créé une forte nostalgie à l’époque révolue de gloire de l’Egypte sous Nasser dans les années 1950 et 60. Aujourd’hui, le probable candidat à l’élection présidentielle et vraisemblable prochain président, le ministre de la Défense, Abdel-Fattah Al-Sissi, est souvent associé au raïs Abdel-Nasser. Mais ceux qui font ce rapprochement pensent surtout à l’homme fort, dont le pays a cruellement besoin dans la conjoncture actuelle, et non pas aux politiques panarabes d’une autre époque, notamment vis-à-vis de la crise syrienne.

Ce sentiment panarabe était pourtant perceptible dans la réaction populaire hostile à une éventuelle frappe militaire américaine contre le régime de Damas en septembre dernier, malgré la large solidarité avec l’opposition au président Bachar Al-Assad. Cette réaction hostile à toute intervention militaire étrangère en Syrie est partagée par le gouvernement intérimaire. Une position à l’opposé de celle adoptée par Le Caire sous le régime des Frères musulmans.

Sous l’ex-président, Mohamad Morsi, la politique égyptienne envers la guerre civile en Syrie a pris clairement un virage confessionnel. S’entourant de nouveaux alliés composés de figures salafistes et d’anciens djihadistes, il annonce le 15 juin 2013 la rupture des relations diplomatiques avec Damas, réclame l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie, demande au Hezbollah chiite libanais de quitter la Syrie et autorise, voire encourage les Egyptiens à aller combattre aux côtés de l’opposition armée syrienne, face à la colère de la diplomatie et de l’armée égyptiennes qui y voyaient une politique imprudente aux conséquences incalculables. L’Egypte avait déjà souffert dans les années 1990 d’une vague d’attentats terroristes commis, entre autres, par ceux que l’on avait appelés les « Afghans égyptiens », ces jeunes Egyptiens qui avaient été autorisés et encouragés par le président Anouar Al-Sadate à combattre les troupes soviétiques en Afghanistan. Aujourd’hui, l’on parle des « revenants » de la Syrie, ces Egyptiens qui rentrent au pays alimenter la vague terroriste, après avoir combattu aux côtés des djihadistes syriens. Peu de temps après son investiture le 30 juin 2012, Morsi lance en août son initiative de créer un quartette islamique, composé de l’Egypte, de la Turquie, de l’Arabie saoudite et de l’Iran, pour régler la crise syrienne. Mais les divergences entre l’Iran, allié stratégique et indéfectible du régime syrien, et Riyad, partisan du départ du président Assad et très hostile à Téhéran, n’ont permis d’accomplir la moindre avancée.

La destitution de Morsi et l’accession au pouvoir d’un président et d’un gouvernement intérimaires amènent l’Egypte à adopter une politique plus prudente vis-à-vis de la crise syrienne, débarrassée de sa dimension confessionnelle. Engluée dans ses problèmes intérieurs et en manque de moyens financiers, l’Egypte post-Morsi observe une politique non interventionniste, se contentant d’annoncer des positions diplomatiques appelant à une solution politique à la crise. Contrairement à Morsi qui avait pris fait et cause pour l’opposition armée, le régime intérimaire s’emploie à observer une position de neutralité entre les différents protagonistes syriens.

Mais Le Caire est conscient que le conflit en Syrie est devenu au fil du temps une guerre par procuration, où s’affrontent puissances régionales et mondiales, notamment l’Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie, l’Iran, la Russie, les Etats-Unis et l’Union européenne. Se montrant pessimiste sur une solution rapide à la crise en raison des multiples interventions étrangères, où s’affrontent des intérêts divergents, l’Egypte croit qu’un règlement ne peut intervenir qu’à travers un « grand marché » qui serait conclu entre les puissances étrangères qui soutiennent l’une ou l’autre des deux parties en conflit. Ce qui nécessite des concessions réciproques et des compromis, encore introuvables.

Le Caire s’inquiète toutefois de la poursuite de ce conflit armé et de ses répercussions négatives et déstabilisatrices sur la Syrie, les pays voisins et l’ensemble de la région, dont l’Egypte. A commencer par le problème des réfugiés qui étaient de 2,4 millions de personnes en 2013. Leur nombre ne cesse de grandir. Ils se trouvent essentiellement dans les pays voisins, le Liban, la Jordanie, la Turquie, l’Iraq, mais aussi en Egypte, où les réfugiés enregistrés sont de l’ordre de 120 000. Les estimations non officielles les placent cependant à quelque 250 0000 à 300 000. Plusieurs de ces réfugiés sont en butte à des tracasseries et à un climat hostile en raison du soutien apporté par certains d’entre eux à la mouvance des Frères musulmans. En tout cas, les autorités égyptiennes perçoivent la présence massive et incontrôlée de réfugiés syriens comme un facteur déstabilisateur, à un moment où l’Egypte fait face à des problèmes graves de sécurité et de terrorisme. L’imposition de restrictions sur l’octroi de visas aux réfugiés syriens peut se comprendre par ces craintes.

L’Egypte se soucie davantage, en cas de prolongation du conflit ou de chute du régime de Bachar Al-Assad, d’une possible désintégration de l’Etat syrien suivant des critères confessionnels (sunnites versus alaouites, qui sont une branche du chiisme) et de ses prévisibles conséquences déstabilisatrices sur l’ensemble de la région, en particulier les pays du Golfe. Ceux-ci, précisément l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Koweït, où se trouvent d’importantes minorités chiites, sont les principaux soutiens financiers et pourvoyeurs de fonds à l’Egypte. La poursuite de leur assistance financière multiforme est capitale pour la réussite de la période de transition et la relance de l’économie, saignée à blanc depuis le 25 janvier 2011.

 * Rédacteur en chef d’Al-Ahram Hebdo

Par Hicham Mourad

  

LeHuffington Post en association avec LeMonde

 Lettre de Jean-François Champollion: "Je suis tout à l'Egypte, elle est tout pour moi"

Nicolas Bersihand

 Jean-François Champollion, égyptologue français mort le 4 mars 1832, aura été le premier à déchiffrer la fameuse pierre de Rosette: l'ancien monde devient lisible! Par cette lettre, il communique l'événement de cette découverte qui, permettant la lecture des hiéroglyphes, ravivera le culte de l'Egypte ancienne et nourrira l'orientalisme.

 Le 22 septembre 1822

 Monsieur,

 Je dois aux bontés dont vous m'honorez l'indulgent intérêt que l'Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres a bien voulu accorder à mes travaux sur les écritures égyptiennes, en me permettant de lui soumettre mes deux mémoires sur l'écriture hiératique ou sacerdotale, et sur l'écriture démotique ou populaire; j'oserai enfin, après cette épreuve si flatteuse pour moi, espérer d'avoir réussi à démontrer que ces deux espèces d'écriture sont, l'une et l'autre, non pas alphabétiques, ainsi qu'on l'avait pensé si généralement, mais idéographiques, comme les hiéroglyphes mêmes, c'est-à-dire peignant les idées et non les sons d'une langue; et croire être parvenu, après dix années de recherches assidues, à réunir des données presque complètes sur la théorie générale de ces deux espèces d'écriture, sur l'origine, la nature, la forme et le nombre de leurs signes, les règles de leurs combinaisons au moyen de ceux de ces signes qui remplissent des fonctions purement logiques ou grammaticales, et avoir ainsi jeté les premiers fondements de ce qu'on pourrait appeler la grammaire et le dictionnaire de ces deux écritures employées dans le grand nombre de monuments dont l'interprétation répandra tant de lumière sur l'histoire générale de l'Égypte. [...]

 Mais dans l'état actuel des études égyptiennes, lorsque de toutes parts les monuments affluent et sont recueillis par les souverains comme par les amateurs, lorsqu'aussi, et à leur sujet, les savants de tous les pays s'empressent de se livrer à de laborieuses recherches, et s'efforcent de pénétrer intimement dans la connaissance de ces monuments écrits qui doivent servir à expliquer tous les autres, je ne crois pas devoir remettre à un autre temps d'offrir à ces savants et sous vos honorables auspices, une courte mais importante série de faits nouveaux, qui appartient naturellement à mon Mémoire sur l'écriture hiéroglyphique, et qui leur épargnera sans doute la peine que j'ai prise pour l'établir, peut-être aussi de graves erreurs sur les époques diverses de l'histoire des arts et de l'administration générale de l'Égypte: car il s'agit de la série des hiéroglyphes qui, faisant exception à la nature générale des signes de cette écriture, étaient doués de la faculté d'exprimer les sons des mots, et ont servi à inscrire sur les monuments publics de l'Égypte, les titres, les noms et les surnoms des souverains grecs ou romains qui la gouvernèrent successivement. Bien des certitudes pour l'histoire de cette contrée célèbre doivent naître de ce nouveau résultat de mes recherches, auquel j'ai été conduit très naturellement.

 L'interprétation du texte démotique de l'Inscription de Rosette par le moyen du texte grec qui l'accompagne, m'avait fait reconnaître que les Égyptiens se servaient d'un certain nombre de caractères démotiques auxquels ils avaient attribué la faculté d'exprimer des sons, pour introduire dans leurs textes idéographiques les noms propres et les mots étrangers à la langue égyptienne. On sent facilement l'indispensable nécessité d'une telle institution dans un système d'écriture idéographique. Les Chinois, qui se servent également d'une écriture idéographique, emploient aussi un procédé tout-à-fait semblable et créé pour le même motif.

 Le monument de Rosette nous présente l'application de ce système auxiliaire d'écriture que nous avons appelé phonétique, c'est-à-dire exprimant les sons, dans les noms propres des rois Alexandre, Ptolémée, des reines Arsinoé, Bérénice, dans les noms propres de six autres personnages, Aétès, Pyrrha, Philinus, Aréia, Diogène, Irène, dans le mot grec ΣΥΝΤΑΞΙΣ et dans ΟΥΗΝΝ. [...]

 Quant à l'ensemble du système d'écriture phonétique égyptienne [...], il est incontestable que ce système n'est point une écriture purement alphabétique, si l'on doit entendre en effet par alphabétique une écriture représentant rigoureusement, et chacun dans leur ordre propre, tous le sons et toutes les articulations qui forment les mots d'une langue. [...]

 Je pense donc, monsieur, que l'écriture phonétique exista en Égypte à une époque fort reculée; qu'elle était d'abord une partie nécessaire de l'écriture idéographique; et qu'on l'employait aussi alors, [...], à transcrire (grossièrement il est vrai) dans les textes idéographiques, les noms propres des peuples, des pays, des villes, des souverains, et des individus étrangers dont il importait de rappeler le souvenir dans les textes historiques ou dans les inscriptions monumentales.

 J'oserai dire plus: il serait possible de retrouver dans cette ancienne écriture phonétique égyptienne, quelque imparfaite qu'elle soit en elle-même, sinon l'origine, du moins le modèle sur lequel peuvent avoir été calqués les alphabets des peuples de l'Asie occidentale, et surtout ceux des nations voisines de l'Égypte. [...] Si des alphabets de ce genre sont formés primitivement, comme tout le prouve, de signes représentant des idées ou objets, il est évident que nous devons reconnaître le peuple inventeur de cette méthode graphique, dans celui qui se servit spécialement d'une écriture idéographique, c'est dire enfin, que l'Europe, qui reçut de la vieille Égypte les éléments des sciences et des arts, lui devrait encore l'inappréciable bienfait de l'écriture alphabétique.

 Du reste je n'ai voulu qu'indiquer ici sommairement cet aperçu fécond en grandes conséquences, et il ressortait naturellement de mon sujet principal, l'alphabet des hiéroglyphes phonétiques, dont je me suis proposé d'exposer à la fois la théorie et quelques applications. Celles-ci offrent des résultats déjà favorablement appréciés par l'illustre Académie dont les doctes travaux ont donné à l'Europe les premiers principes de la solide érudition, et ne cessent de lui en offrir les plus utiles exemples. Mes essais ajouteront peut-être quelque chose à la série des faits certains dont elle a enrichi l'histoire des vieux peuples; celle des Égyptiens, qui remplissent encore le monde de leur juste renommée, y puisera quelques lumières nouvelles; et c'est beaucoup sans doute, aujourd'hui, que de pouvoir faire, avec assurance, un premier pas dans l'étude de leurs monuments écrits, d'y recueillir, quelques données précises sur leurs principales institutions auxquelles l'antiquité elle-même a fait une réputation de sagesse que rien du moins n'a encore démentie.

 Quant aux prodigieux monuments que l'Égypte érige, nous pouvons enfin lire dans les cartouches qui les décorent, leur chronologie certaine depuis Cambyse, et les époques de leur fondation ou de leurs accroissements successifs sous les dynasties diverses qui la gouvernèrent, la plupart d'entre ces monuments portant à la fois des noms pharaoniques, des noms grecs et des noms romains, et les premiers, caractérisés par le petit nombre de leurs signes, résistant constamment à toute tentative pour y appliquer avec succès l'alphabet que je viens de faire connaître. Telle sera, je l'espère, l'utilité de ce travail que je suis très flatté, monsieur, de produire sous vos honorables auspices; le public lettré ne lui refusera ni son estime, ni son suffrage, puisqu'il a pu obtenir ceux du vénérable Nestor de l'érudition et des lettres françaises, qui les honora et les enrichit par tant de travaux, et qui, d'une main à la fois protectrice et bienveillante, se complut toujours à soutenir et à diriger dans la difficile carrière qu'il a si glorieusement parcourue, tant de jeunes émules qui ont depuis complètement justifié un si vif intérêt. Heureux d'en jouir à mon tour, je n'oserai cependant répondre que de ma profonde gratitude, et du respectueux attachement dont je vous prie, monsieur, de me permettre de vous renouveler publiquement toutes les assurances.

J. F. CHAMPOLLION le jeune.

 

LeMonde

 L’Arabie saoudite, Bahreïn et les Emirats rappellent leur ambassadeur au Qatar

Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) connaît sa première crise d'envergure depuis sa création en 1981. Au terme d'une réunion houleuse des ministres desaffaires étrangères des six pays membres, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn ont annoncé, mercredi 5 mars, le rappel de leurs ambassadeurs au Qatar. Le seul précédent remonte au rappel, en 2002, par Riyad de son ambassadeur à Doha pour protester contre une campagne jugée diffamatoire de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazira.

Par cette mesure inédite, les trois pétromonarchies condamnent le « non-respect » par Doha de l'accord de sécurité signé à Riyad en novembre 2013, et de son refus de s'entendre sur une politique unifiée et de s'engager à « garantir la non-ingérence de façon directe ou indirecte dans les affaires internes de chacun des pays membres par le biais d'individus, d'organisations et de médias hostiles », selon les termes d'un communiqué conjoint. Exprimant sa surprise et ses regrets face à ces accusations, Doha a attribué cette décision unilatérale à « des divergences sur des questions hors des pays du CCG ».

Ces divergences, apparues depuis le début des années 2000 avec la compétition à laquelle se livrent Riyad et Doha pour imposer leurs approches concurrentes sur la scène arabe, se sont cristallisées en un véritable antagonisme autour du sort de l'Egypte.

RISQUES MINIMES D'ESCALADE

Riyad, qui s'est imposé comme le protecteur des nouvelles autorités du Caire depuis la destitution du président Frère musulman Mohamed Morsi en juillet 2013, accuse le Qatar de jouer un rôle déstabilisateur en Egypte. Il reproche à Doha son soutien aux Frères musulmans, en dépit de la guerre lancée par Le Caire contre la confrérie, classée désormais « organisation terroriste ». Le Qatar sert de refuge aux dirigeants et capitaux de la confrérie et favoriserait, selon les monarchies sunnites, sa pénétration dans le Golfe.

Les autorités égyptienne et saoudienne reprochent également à l'émirat gazier defaire campagne en faveur des Frères par le biais d'Al-Jazira, au cœur d'un procès qui s'est ouvert au Caire le 5 mars. Les prêches incendiaires donnés depuis janvier au Qatar par le cheikh égyptien Youssef Al-Qaradaoui, proche des Frères et ancien « télécoraniste » star de la chaîne, contre la politique de Riyad et Abou Dhabi dans la région, n'ont fait qu'envenimer davantage leurs relations.

Pour les observateurs, les risques d'escalade sont minimes. Les grands dossiers régionaux, notamment la crise syrienne, et la nécessité d'opposer un front uni face à l'Iran chiite, jouent en faveur d'une coopération renforcée au sein du CCG.

LE KOWEÏT DEVRAIT JOUER LES MÉDIATEURS

« Ce n'est pas une véritable crise, mais une manière d'exercer une pression pour que le Qatar rentre dans le rang », estime Fatiha Dazi Héni, spécialiste du Golfe et cofondatrice de l'institut CAPmena. Le Koweït, qui assure pour un an la présidence tournante du CCG, devrait jouer les médiateurs.

Cette crise constitue en revanche un test pour le jeune émir qatari, le cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, qui gère aujourd'hui les conséquences des récentes recompositions régionales. Depuis son arrivée au pouvoir en juin 2013 après l'abdication de son père, le cheikh Hamad, « le cheikh Tamim s'est distancié de la politique maximaliste de son père et joue le rapprochement avec l'Arabie saoudite. Il a adopté une position cohérente et mesurée », analyse Fatiha Dazi Héni.

Riyad et Abou Dhabi ont pourtant décidé « de jouer la surenchère », en adoptant un « langage diplomatique disproportionné » envers ce jeune émir « qui leur est acquis ». Il semble toutefois peu envisageable qu'il fasse table rase d'un héritage de quinze ans de politique étrangère.

 

 LeMonde

 A quoi aurait ressemblé votre enfance en temps de guerre ?

A quoi ressemble la vie d'un enfant en période de conflit ? A quelques jours de la date anniversaire qui marquera trois ans de conflit en Syrie, le 15 mars, l'ONG de défense des droits de l'enfant Save the Children imagine une réponse dans une vidéo, rapporte le Huffington Post sur son site, jeudi 6 mars. Postée mercredi sur YouTube, elle comptabilise déjà plus de 4 millions de vues.

Cette campagne met en scène la vie d'une petite Londonienne avant et après qu'une guerre fictive a éclaté au Royaume-Uni et se termine par ce slogan : "Ce n'est pas parce que ça n'arrive pas ici, que ça n'arrive pas".

Dans un rapport rendu public au début de février, qui couvre la période allant du 1ermars 2011 au 15 novembre 2013, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon dénonce : "Les souffrances endurées par les enfants en République arabe syrienne depuis le début du conflit […] sont indicibles et inacceptables. Les violations doivent cesser immédiatement."

Accablant le régime de Damas, le document affirme notamment que les enfants syriens sont victimes de tortures et sont utilisés comme boucliers humains lors d'opérations au sol menées par les forces gouvernementales.

A la fin de février, une autre campagne de sensibilisation au sort des enfants syriens avait été lancée par la branche norvégienne de l'ONG SOS-Villages d'enfants, note encore le Huffington Post. Dans une vidéo filmée en caméra cachée, on voit un petit garçon grelottant dans les rues d'Oslo, en plein hiver. Objectif : récolter des vêtements chauds pour les enfants syriens. Mise en ligne à la mi-février sur YouTube, elle a déjà été vue par plus de 13 millions d'internautes.

A la mi-février, l’Observatoire syrien des droits de l’homme, une ONG syrienne qui s’appuie sur un large réseau de sources médicales et de militants à travers le pays, indiquait qu'au moins 140 000 personnes, dont 50 000 civils parmi lesquels 7 600 enfants et 5 000 femmes avaient été tués depuis le début du conflit en Syrie.

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, qui estimait, à la fin de juillet, à environ 100 000 le nombre de morts depuis mars 2011, a, quant à lui, fait savoir au début de janvier qu'il ne communiquerait plus d'estimations, expliquant qu'il était devenu trop difficile d'accéder à des sources fiables et vérifiables.

 

LePoint

 Libye : le Niger voisin remet l'un des fils de Kadhafi aux autorités

Réfugié depuis septembre 2011 au Niger, Saadi est accusé par la Libye d'avoir commis plusieurs "crimes visant à maintenir son père au pouvoir".

Saadi, un des fils de Mouammar Kadhafi, connu pour sa passion du football et réfugié au Niger, a été remis jeudi par Niamey à Tripoli qui l'accuse de meurtre et d'implication dans la répression de la révolte de 2011. "Saadi Kadhafi a été remis au gouvernement libyen le 6 mars, il est arrivé en Libye et est aux mains de la police judiciaire", a indiqué le gouvernement libyen dans un communiqué, avant de s'engager à traiter Saadi Kadhafi "conformément aux normes internationales sur le traitement des prisonniers".

Saadi Kadhafi, 40 ans, s'était réfugié au Niger en septembre 2011 peu avant la chute du régime de Mouammar Kadhafi, capturé puis tué dans sa ville natale de Syrte le 20 octobre 2011. Dès son arrivée à l'aéroport militaire de Miitiga dans la nuit, Saadi Kadhafi a été conduit, mains menottées et yeux bandés, vers la prison d'al-Hadhba à Tripoli, où sont détenus d'autres anciens dirigeants du régime déchu, a indiqué Khaled al-Chérif, vice-ministre de la Défense en charge de la prison, sur sa page Facebook. Des photos, publiées par les autorités de la prison et circulant sur les réseaux sociaux, le montrent alors qu'un homme lui rase la tête et la barbe à l'aide d'un rasoir électrique. Il est agenouillé en tenue bleue sur un matelas à même le sol, entouré de plusieurs hommes.

Un footballeur raté

Saadi Kadhafi est accusé "de crimes visant à maintenir son père au pouvoir", lors de la révolte de 2011 qui a renversé le dictateur, a déclaré Seddik al-Sour, porte-parole du procureur général. Il est aussi accusé d'implication dans le meurtre en 2005 d'un ancien entraîneur d'Al-Ittihad, club de Tripoli où il évoluait, a ajouté Seddik al-Sour. Il est poursuivi par ailleurs par les autorités libyennes pour "s'être emparé de biens par la force et l'intimidation quand il dirigeait la Fédération libyenne de football".

Passionné de football, Saadi Kadhafi a joué pour le club Al-Ahly de Tripoli, avant de rejoindre son rival Al-Ittihad. Il était aussi capitaine de la sélection libyenne et a même réalisé son rêve en s'engageant durant une saison avec le club italien de Pérouse. Il dut toutefois abandonner son expérience italienne après avoir été contrôlé positif lors d'un examen antidopage. Au terme de sa carrière de footballeur, il a été dirigeant du club Al-Ittihad ainsi que de la Fédération libyenne de football.

Quelques jours après le déclenchement de la révolte libyenne en 2011, il avait été aperçu en tenue militaire, kalachnikov en bandoulière, faisant l'accolade à son père qui finissait un discours. Militaire de formation, il a été, comme ses frères Saïf al-Islam et Mouatassem, à la tête d'une unité militaire. Mais contrairement à ses frères, aucune information n'a filtré sur sa participation effective aux combats contre la rébellion, durant les huit mois de conflit. Depuis son exil, les autorités libyennes de transition réclamaient régulièrement son extradition.

"La vie de Saadi Kadhafi est menacée en Libye"

Ces dernières l'accusaient d'oeuvrer depuis le Niger à semer le désordre, en particulier dans le sud libyen, notamment après que des forces loyales à l'ancien régime ont occupé brièvement fin janvier une base militaire dans la région de Sebha (sud). Les autorités nigériennes avaient affirmé précédemment qu'il n'était "pas question" d'extrader Saadi Kadhafi, au moins jusqu'à ce qu'il puisse être assuré d'un procès équitable en Libye. Un collectif d'ONG nigériennes de défense des droits de l'homme s'est dit "indigné" de cette extradition, estimant que "la vie de Saadi Kadhafi est menacée en Libye, qui est un non-État sans aucune sécurité".

Trois fils de Mouammar Kadhafi sont morts pendant la révolte libyenne de 2011 : Mouatassem, tué en même temps que son père en octobre 2011, Khamis tué dans les combats en août, et Saïf al-Arab en avril 2011 dans un raid de l'Otan. La veuve du dirigeant déchu, Safia Farkech, et trois autres enfants de l'ancien dictateur - Aïcha, Hannibal et Mohamed - avaient trouvé refuge en août 2011 en Algérie, avant qu'une partie de la famille ne trouve asile dans le sultanat d'Oman en 2013. Saïf al-Islam, longtemps présenté comme successeur potentiel de son père, a été arrêté en novembre 2011 dans le sud libyen par des ex-rebelles de Zenten où il est détenu depuis.

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