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LePoint

 

Algérie : Barakat, le mouvement anti-Bouteflika, durement réprimé

 

Sous le slogan "Ça suffit", des militants ont manifesté contre la candidature du président algérien à son quatrième mandat consécutif. Une quarantaine d'entre eux ont été arrêtés.

 

Barakat ("ça suffit !"), c'est le nom du mouvement né au lendemain de l'officialisation de la candidature du président algérien Abdelaziz Bouteflika pour un quatrième mandat consécutif. Depuis le 22 février dernier et l'annonce effectuée par le Premier ministre Abdelmalek Sellal, plusieurs manifestations ont eu lieu dans le pays. Jeudi, réunis en plein centre d'Alger face à la faculté, sur la principale artère Didouche Mourad, les protestataires - des militants des droits de l'homme, des étudiants et des journalistes, majoritairement jeunes - ont lancé des slogans hostiles à la candidature de l'actuel président, âgé de 77 ans et au pouvoir depuis 15 ans.

 

"Algérie libre et démocratique", "52 ans, Barakat", ont-ils scandé en référence aux 52 ans d'indépendance du pays géré par des hommes politiques de la même génération. "Nous en avons marre de cet homme à demi mort et des voyous qui l'entourent. Il faut que l'équation politique change", a déclaré Djilali Soufiane, président du parti libéral Jil Jadid, venu joindre sa voix aux protestataires après avoir renoncé à la course à la présidentielle.

 

Arrestations

 

Comme lors d'une précédente manifestation dispersée par la force samedi dernier, une armada de policiers avait été déployée pour empêcher les manifestants de se regrouper et de bloquer la circulation. Signe de la détermination des autorités à étouffer toute contestation avant le scrutin du 17 avril, les forces de l'ordre ont interpellé une quarantaine de manifestants, dont Amina Bouraoui, une des fondatrices de Barakat, ainsi que plusieurs journalistes. "Nous ne faisons qu'appliquer la loi qui interdit les manifestations publiques à Alger", s'est défendu un membre des forces de l'ordre.

 

De son côté, le Syndicat national des journalistes (SNJ) a condamné "avec la plus grande fermeté cette nouvelle atteinte à la liberté d'expression et de la presse". Les manifestations de rue sont interdites dans la capitale depuis le 14 juin 2001, date à laquelle une gigantesque marche en faveur de la Kabylie a tourné à l'émeute. Huit personnes avaient péri. Des milliers avaient été blessées. Treize ans plus tard, le mouvement Barakat ne parvient, pour l'heure, qu'à rassembler quelques dizaines de personnes à chaque manifestation.

 

Le site de Bouteflika piraté

 

D'après le sociologue Nacer Djabi, présent à la manifestation, le mouvement de contestation n'en est "qu'à ses débuts". "Nous avons constaté que des mouvements similaires, en Tunisie et en Égypte, ont mis du temps à se cristalliser", explique-t-il. Ainsi, le spécialiste souligne qu'"il est préférable que Barakat reste un mouvement citoyen, à l'écart des partis politiques, car ces derniers ont perdu toute crédibilité". Lundi, la première apparition en deux ans d'Abdelaziz Bouteflika à la télévision a relancé les interrogations sur ses capacités à diriger le pays. Le chef de l'État, victime d'un AVC en avril 2013 qui l'a amené à être hospitalisé durant 80 jours à Paris, est apparu assis au Conseil constitutionnel où il s'était déplacé pour déposer son dossier de candidature.

 

D'une voix difficilement audible, le président a alors annoncé qu'il était à nouveau candidat à la magistrature suprême. L'image du président amoindri n'a fait que relancer les critiques sur la "mascarade" que représenterait sa réélection, donnée comme acquise par la majorité des observateurs. D'ailleurs, le site de campagne d'Abdelaziz Bouteflika a été piraté mercredi, le message "Boycottez massivement la mascarade du 17 avril" apparaissant sur la page d'accueil, relève le site Algérie Focus. L'attaque a été revendiquée sur Facebook par l'armée électronique algérienne, un groupe appelant à "changement radical et pacifique du pouvoir despotique". Le site officiel de campagne n'était toujours pas rétabli vendredi.

 

Outre le président, onze autres personnalités, dont l'ancien chef de gouvernement, Ali Benflis, ont soumis un dossier de candidature au Conseil constitutionnel. La liste finale des candidats retenus doit être dévoilée d'ici au 14 mars.

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